Mes projets arrivent à terme comme celui de la formation sur la malnutrition ou celui sur le circuit de tourisme solidaire. Par contre les autres seront à finaliser ou mettre sur pied par les prochains stagiaires comme ceux de la prévention sida et de la construction d’un centre de formation en informatique.
Je réalise de plus en plus ce que je vais laisser derrière moi quand je vais quitter : un village situé dans un décor magnifique digne d’un vieux film asiatique de karaté, des conversations inoubliables avec des Camerounais qui bousculaient mes valeurs, des fruits frais à tous les jours, les habitants qui me souriaient avec leur panier lourd sur la tête et surtout des gens merveilleux, dont certain font preuve d’une énergie et d’une volonté étonnante de s’en sortir.
Les personnes rencontrées jusqu’à maintenant m’ont été d’une profonde aide et source de motivation. Le dévouement de certains d’entre eux et l’espoir dont ils font preuve, m’encourage et me pousse à continuer. Parce qu’il y a des jours que je me questionne à savoir si vraiment mon travail sert à quelques choses. Parce que ici les choses n’avance vraiment pas vite. Heureusement, à chaque fois, une conversation dans la rue, une histoire encourageante lue dans un journal indépendant, une rencontre constructive avec une ONG, un merci ou simplement un sourire qui parle de lui-même, me force à ne pas baisser les bras.
Ici, il y a tellement à faire dans tous les domaines : l’éducation, la formation professionnelle, les infrastructures, les droits de l’homme, le statut de la femme, l’accès au crédit…et la corruption. Le 22 juillet dernier, c’était jour d’élections municipales et des députés. La vraie démocratie est loin d’être acquise ici. Une évidence pour nous, mais un rêve pour les Camerounais. Les politiciens se battent pour conserver leurs privilèges, leur pouvoir, leurs avantages et leurs droits soigneusement acquis au fil des ans. Selon moi, c’est l’un des principaux freins au développement de ce pays.
Les points positifs du Cameroun c’est que dans le pays tout le monde, presque, mange à sa fin. La très grande fertilité du sol y est pour beaucoup, spécialement dans l’ouest du pays. De plus, le Cameroun possède une très grande variété de ressources naturelles, mais elles sont très peu exploitées. Il n’y a presque pas d’usine de transformation, seulement une brasserie nationale et quelques usines de transformation du bois à très petites échelles.