une drôle de semaine qui commenceLundi, 10 décembre 2007
Flash d'alerte C’est tu assez agréable de recevoir ce genre de courriel le lundi matin. L’axe en question est tout près de notre bureau. A L'INSTANT MEME 09h30 MN # ELEVES DU LYCEE ISSA BERI SONT EN TRAIN D'EXPRIMER LEUR MECONTENTEMENT POUR LA NON SATISFACTION DE LEURS REVENDICATIONS PAR LES AUTORITES # Il ne s’est finalement rien passé de très sérieux. Histoire à suivre. Sans titre (trop d’opinions dans celui que j’avais choisie !!!) J’ai des amis qui travaillent pour une ONG. Leur projet installe des centres internet à plusieurs endroits dans le pays. Le jeudi ils partent en mission poursuivre leurs activités. Le vendredi après midi tranquilles dans une maison de passage où on les hébergeait, toc toc c’est qui ? Des gendarmes qui les ont gentiment prier de se rendre au poste. Environ 24 heures plus tard, après une douce nuit passée sous les barreaux ils ont été relâchés. Accusations ? Soupçonnés d’être sympathisants d’un groupe revendiquant plusieurs choses depuis février dernier. Finalement, il semble qu’ils (les gendarmes) se soient trompés de groupe. Je n’en reviens pas encore ! Que voulez vous il y a de ces situations, je trouve tout simplement sur réelles !! Gestion des matières résiduelles : un tas et des allumettes En ce moment précis une personne qui pas très loin du bureau, fait brûler je pense ses matières résiduelles, parmi ces matières il y a sûrement une proportion non négligeable de sacs noirs de plastique. Ma fenêtre est ouverte car il fait moins chaud ces jours ci à Niamey. Vraiment je tombe dans les jugements directs "pas fort". Services de police J’ai des collègues qui ont eu un accident d’auto d’hier. Ils sont sains et saufs heureusement mais un taxi les a percuté. C’était majoritairement leur faute. Cependant pour bien faire ils ont appelé la police pour venir faire l’état des lieux. Arrivé sur place mes collègues ont dû débourser pour le carburant de la police. Ensuite monsieur l’agent a perquisitionné le permis de conduire de mon collègue, ce dernier l’a récupéré moyennant le prix moyen d’un mouton hors période Tabaski. citation de Laure Lugon Zugravu (journaliste) « Je crois qu’on fait des choses d’abord pour soi. On croit qu’on veut sauver le monde mais, au fond, c’est soi-même qu’on veut sauver. J’avais besoin de découvertes, d’aventures. Pour se connaître soi-même, il faut se confronter aux autres. Oser remettre ses valeurs en question. C’est une manière de se prouver qu’on existe, qu’on est capable de s’adapter. Et ça secoue! » J’approuve totalement ce que cette journaliste raconte. comme ca reflète trop bien ce que l’on peut ressentir lors d’une expérience interculturelle je l’ai laissé en intégralité. Formation Dans 1 heure je vais coordonner avec l’autre animateur pour la formation en gestion axée sur les résultats qui finalement réunira 34 personnes. J’ai négocié à ce que mon partenaire y participe. Je vais aussi co animer cette session le 24, 25 et 26 décembre prochain ! L’aspect positif est que j’ai des moyens (reprographie, matériel didactique, logistique, salle et des perdiems) intéressants pour réaliser une facilitation interactive et dynamique. Et le 27 décembre à 18h00 pour vous et minuit pour moi (café café svp!!) je serai de retour chez moi un large sourire accroché dans le visage et une petite larme à chaque coin d’œil. Un large sourire traduisant les pensées suivantes : Enfin je suis arrivé à la maison ; Je vais bientôt déguster une bonne poutine et je veux un café !! Je ne suis plus l’Autre, je ne suis plus une étrangère blanche qu’on aime et qu’on déteste (à juste titre parfois ça je leur accorde !) Une petite larme à chaque coin d’œil traduisant ceci : Il y a trop de neige, mon pays ce n’est pas un pays c’est l’hiver ! J’ai encore laissé derrière des gens extraordinaires qui m’ont grandement appuyés et fait découvrir ce cher Niger. Un petit coup de cœur pour cet autre choc retour ! Interludes NigériennesLundi, 26 novembre 2007
Fin du mois Hier dimanche il y avait une quantité plus élevée que la normale de policiers aux artères principales de Niamey. J’ai découvert la raison quelques minutes plus tard lorsque le véhicule auquel je prenais place est arrêté. Monsieur l’agent arrive regarde en vitesse le jeep et en haoussa lui demande son permis et lui dit par la suite que sa vignette est expirée (et c’était vrai !) donc l’agent repart vers sa moto le permis de conduire avec lui (bien sûr). Donc je vois mes amis qui discutent entre eux en haoussa et l’un d’eux sort 1 000 FCFA (2$ et quelques poussières environ) et a réussi à récupérer son permis quelques minutes plus tard. C’est bel et bien la fin du mois pour tout le monde et c’est bel et bien de la corruption une forme de redistribution de la richesse. Oui ce monsieur là comme il est policier donc avec un salaire fixe et irrégulier doit probablement faire vivre une vingtaine de personnes. Sauf que mon ami lui aussi en fait vivre autant sinon plus et il n’a plus d’emplois car le secteur touristique du Niger en arrache un peu. Un mot que je ne veux plus entendre ! - « Madame, madame, bonjour cadeau s îl vous plait » - « il n’y a pas » (avec l’accent français bien articulé pour me faire comprendre) - « Cadeau, cadeau, cadeau, cadeau » (avec voix d’enfantS) - « KAY » (qui veut dire stop en Zjarma, assez efficace celle-là) - « 100 francs 100 francs cadeau madame » - « C’est le mari qui a tout » (particulièrement efficace lorsqu’un collègue de travail marche à mes côtés !!!) « Il faut me donner cadeau » (elle m’énerve le plus celle là !) « Nazara cadeau cadeau » (en me suivant sur quelques mètres et en faisant du bruit avec leur petit pot vide) Vous avez bien deviné le mot en question qui me tape royalement sur les nerfs. Vous aussi vous devez être plus ou moins fatigués d’entendre ce mot à la veille des fêtes !!! Compostage Le compostage au Niger fonctionne bien. J’ai tenté l’expérience dans ma cour. J’ai déjà effectué ma première récolte et j’ai presque converti mes colocataires à la notion de pré compost. Un petit relent de mon ancienne vie de technicienne agricole que j’espère retrouver prochainement. Matières résiduelles Un terme gentil pour dire poubelle, ordure et d’autres que je vous épargne. Depuis la fin de la saison des pluies, la plupart des autorités communales dans leur grande sagesse brûlent les tas d’immondices (majoritairement composé de sacs de plastique noir). Ce n’est pas toujours agréable de sentir cette odeur si caractéristique. Imprévus Il se peut que ma deuxième formation en gestion axée sur les résultats soit annulée. Je vais savoir demain, après demain ou peut être même la veille de la dite formation. Tout est possible !! N’empêche j’aimerais bien le savoir bientôt !!! Taxis de mon cœur Je marche environ 300 mètres pour me rendre sur le goudron (rue pavée) Mali Béro. J’ai pas envie de marcher pour me rendre au bureau il fait probablement un 43 degrés et il est 14h00. Le système on fait signe le taxi s’arrête pour vérifier si notre destination s’agence avec sa route. Sa route n’est pas écrite nulle part sauf dans sa tête et celles des passagers. Donc, aujourd’hui le premier arrête il grimace quand je lui dit ma destination, je répète plus fort, en articulant et en laissant de côté mon accent qui pourtant je croyais l’avoir mis de côté bref, réponse négative. Deuxième, presque la même chose, le troisième ne me réponds pas il repart avec son taxi qui s’étouffe presque, successivement jusqu’au 5 ième qui finalement m’a prise. Parfois on l’a du premier coup parfois non ! Pour le prix 200 FCFA finalement je n’ai pas à chialer. Retour Prévu le jeudi 27 décembre prochain. Yé ! C’est fou comme le temps a filé !! Donnez moi de vos nouvelles.
Cher Niger tu m’étonnais, tu m’étonnes et tu m’étonneras encore pour longtemps !Mercredi, 14 novembre 2007
Avec mes lunettes ou peut-être même mes ornières d’occidentales j’essaie de décoder, de comprendre ce pays, ces gens, ces défis. J’y arrive difficilement et c’est normal en 4 mois je ne peux prétendre de tout comprendre et tout assimiler. J’ai laissé de côté ma fonction de squatteuse officielle de ce blog car honnêtement je n’avais rien de très positif à partager avec vous et au lieu de tomber dans le piège de vous transmettre une image biaisée (même si elle l’est toujours un peu car je vis cette expérience étant l’Autre soit avec mes lunettes et mes clés de décodage !) j’ai préféré le retrait. À vrai dire je ne suis pas tout à fait retombée dans mon optimiste éternel, cette expérience Nigérienne me fait retirer un certain degré de naïveté (il était temps me direz vous !) c’est comme si je me rends mieux compte de certains éléments de la boîte à Pandore. Je suis présentement un peu désabusée du monde de la coopération (son ensemble non pas à une organisation particulière) car je le trouve disparate, instrumentalisé, incohérent, teinté de compétition et de néocolonialisme. Certains de ces éléments je les connaissais déjà d’autres sont nouvellement constatés et intériorisés et sont un peu plus lourds. Un aspect dérangeant que j’ai entendu trop souvent ici par quelques intervenants tant nationaux qu’étrangers : « Les paysans ou les bénéficiaires ne se sont pas appropriés le projet … » Un classique et le tout dit avec un ton de supériorité et toujours ce terme d’assistés bénéficiaires comme si la solution absolue était dans les mains des intervenants. Cette complaisance je la déteste au plus haut point. C’est très facile de prétendre cela quand les gens dont on accuse de ne pas s’être appropriés le dit projet ne sont pas là pour prendre la parole. Donc je recommande à ces intervenants une bonne dose d’auto critique et de revoir leur nomenclature. Et si nous écoutions un peu plus et surtout MIEUX les populations à la base ? Pas seulement ce qu’ils nous partagent mais pourquoi nous disent-ils cela. Au lieu de les traiter comme des éternels assistés qui n’ont pas les capacités de prendre en main leur destinée. Je suis convaincue que l’ensemble des collectivités est mieux placée que nous pour faire leur propre diagnostic. Il y a des projets de développement réellement porteurs et d’autres tout simplement exécrables dont je vous épargne les détails car la diplomatie fait partie aussi de ce milieu ! (Là-dessus j’apprends encore tous les jours car ce n’est pas inné chez moi !!) Cependant au fond de la boîte de Pandore il y a aussi l’ESPOIR oui et malgré ma chute de naïveté aigue j’ose encore espérer. Ici au Niger on dit souvent à tort et à travers qu’il y a trop de gens mais est-ce que ce n’est pas justement cette masse critique de personnes, de capacités, de personnalités diverses, de qualités, d’énergies, d’efforts, de sourires qui serviront de levier à quelque chose d’autres ? Ce pays est riche de son capital humain. Il y a aussi des défis à relever au niveau de la « sécuraineté » alimentaire. Sécuraineté vient du dictionnaire Fournier[1] jonction du mot sécurité et souveraineté alimentaire. Je pense qu’il faut sortir de ce carcan sécurité alimentaire qui est restrictif voir même à ses heures répressif et qui laisse la porte grande ouverte pour l’exportation massive de céréales de chez nous voir le terme commençant par la lettre D contenant 7 lettres. (Aux intéressés m’écrire à mon courriel pour la réponse). Un peu plus de volonté politique à tous les niveaux, une meilleure cohésion entre les intervenants en coopération internationale (vraiment déniaisons-nous !) un service de crédit adapté, une augmentation réelle et pertinente de la recherche agronomique répondant aux besoins des producteurs et productrices agricoles d’ici (SVP oublions la création de semences stériles), des politiques rurales incluant le secteur agricole et pastoral diffusées, comprises et surtout appliquées, un réel service gouvernemental d’encadrement et de vulgarisation agropastoral, (si vous saviez à quel point les programmes d’ajustement structurel (PAS) ont fait des dégâts vous seriez probablement un-e altermondialiste) une stratégie de développement rural pleinement financé, un document stratégique de réduction de la pauvreté qui ne s’incarne pas à un PAS, et puis une annulation complète de la dette extérieure du Niger… de mes petits 29 ans (que j’ai atteint aujourd’hui même) je crois que ça pourrais contribuer à l’atteinte de la souveraineté alimentaire du peuple Nigérien. Matière à discussion bien sûr !! Je vous laisse une définition de la souveraineté alimentaire du Peoples Food Security Network (2002) tiré du pamphlet « La voie de la souveraineté alimentaire – Labyrinthe sans fin ou sémantique de la faim » de l’Union des producteurs agricoles – Développement international (UPA-DI) « Par souveraineté alimentaire, on entend le droit des peuples à définir leur propre alimentation et leur agriculture ; à protéger et à réglementer la production et les échanges agricoles nationaux de manière à atteindre des objectifs de développement durable ; à déterminer leur degré d’autonomie ; à restreindre le dumping de certains produits sur leurs marchés et à accorder aux communautés locales de marins pêcheurs la priorité en matière de gestion de l’utilisation des ressources aquatiques et des droits y afférents. La souveraineté alimentaire ne va pas à l’encontre du commerce. Elle encourage au contraire l’élaboration de politique et de pratiques commerciales allant dans le sens du droit des peuples à une production sûre, saine et viable sur le plan écologique. » Kala tonton ! Droit a l'alimentationLundi, 15 octobre 2007
Je vous envoie cette semaine un texte informatif que j’ai écrit dans le cadre de la 16ieme journée mondiale de l’alimentation (16 octobre) avec comme thème central Le droit a l’alimentation. Deux de nos partenaires organisent des activités comme une soirée documentaire sur la crise alimentaire de 2005, conférence publique sur le thème ; Quelles politiques pour garantir le droit a l’alimentation au Niger, dîner social, publication d’un journal spécial et émissions radio télévisés et débat. Le tout risque d’être fort intéressant car ce thème est d’une sensibilité assez exceptionnelle dans ce coin ci du Sahel. Je vous écrit plus longuement une prochaine fois. Kalatonton !
L’aide alimentaire et sa contribution au droit à l’alimentation. L’aide alimentaire depuis ses débuts a fait couler beaucoup d’encre tant pour ses retombées positives que négatives (déstabilisation des dynamiques locales). Divers constats ont tentés de faire évoluer l’aide alimentaire. Des mécanismes comme la charte de l’aide alimentaire[1] (présentement en cours de révision) dont le Niger fait parti contribuent à réguler l’aide alimentaire afin d’éviter les effets nuisibles possibles. Aussi le fait qu’il y a un déliement de l’aide indique une certaine mutation de l’aide alimentaire. Cet article présentera de façon succincte trois grandes lignes proposées[2] afin de réformer les pratiques de l’aide alimentaire en lien avec sa contribution à la réalisation du droit à l’alimentation[3] thème de cette 16ième journée mondiale de l’alimentation. Il y a trois catégories[4] d’aide alimentaire, l’aide programme, l’aide projet et l’aide d’urgence. La première l’aide programme est fournit sous forme de dons ou prêts en tant que transfert de ressources pour l’équilibre de la balance des paiements et elle est commercialisée sur le marché libre. Le deuxième type l’aide projet, cherche à soutenir des activités de réduction de la pauvreté et prévention des catastrophes. L’aide projet est généralement distribuée à des groupes cibles spécifiques mais peut aussi être vendue sur le marché libre (définit comme aide alimentaire monétaire). L’aide d’urgence pour sa part sert à des victimes de catastrophes, elle est librement distribuée à des groupes bénéficiaires. Ces deux types d’aides sont normalement canalisés sur une base multilatérale par les organisations non gouvernementales (ONG) ou parfois bilatéralement. La première recommandation pour améliorer la gouvernance de l’aide alimentaire est de faire passer les besoins des bénéficiaires avant ceux des donateurs. La communauté internationale est maintenant plus réceptive à livrer une aide qui cible adéquatement les bénéficiaires au lieu de diriger leur contribution pour écouler leurs surplus céréaliers. Le ciblage (au niveau macro et micro) se doit d’être efficace, réalisé à temps et répondre aux besoins réels. Parmi quelques changements proposés[5] on suggère la séparation de l’aide alimentaire des échanges commerciaux et que l’aide soit offerte uniquement sous forme de dons aux pays les moins développés. En second lieu vient l’amélioration de la gestion des achats et des dépenses. En favorisant l’achat des denrées alimentaires locales et/ou de pays limitrophes (aide non liée), ceci permet de dynamiser la production locale et de mieux répondre aux habitudes de consommation des populations. Le troisième rappel est d’utiliser l’aide alimentaire projet et d’urgence pour favoriser le développement. L’aide alimentaire peut être utilisée dans des programmes de vivres contre travail pour des travaux de restauration de terres dégradées et/ou de construction de systèmes d’irrigation. Ces initiatives peuvent contribuer au renforcement des capacités de production agricole dans la mesure où ils répondent à des besoins vraiment exprimés par les populations locales. Aussi lors d’une catastrophe, l’aide alimentaire d’urgence fournit un filet de sécurité nécessaire. Cette protection fait en sorte que les moyens d’existence ne sont pas complètement érodés et permets de conserver le capital productif à condition de prévoir d’autres mesures complémentaires pour accompagner le développement. Dans la mesure où ces recommandations sont appliquées, l’aide alimentaire possède le potentiel de contribuer à la concrétisation du droit à l’alimentation. L’aide alimentaire projet et d’urgence semblent être mieux en mesure de répondre aux trois recommandations de réforme proposées. En effet ces catégories d’aide visent un ciblage plus rigoureux et tentent d’intégrer l’aide à des programmes favorisant le développement. Il est donc essentiel de rester vigilant face aux rouages de l’aide alimentaire car une gestion aléatoire et précipitée peut entraîner des effets néfastes. Sonia Fournier Programme Managers Sans Frontières Université Laval, Canada. « A présent je ne réclame rien d’autre que la justice pour ceux qui ont faim » Pablo Neruda
[1] Regroupant 9 états membres du Comite inter états de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS) et 6 pays donateurs membres du Club du Sahel, texte adopté en février 1990. [2] Tire des Directives sur le droit à l’alimentation, documents et étude de cas, FAO, Rome, 2006. [3] Définition « le droit à une nourriture suffisante est réalisé lorsque chaque homme, chaque femme, chaque enfant, seul ou en communauté avec d’autres a physiquement et économiquement accès à tout moment à une nourriture suffisante ou aux moyens de se la procurer », Comité des droits économique, sociaux et culturels des Nations Unies, 1999 [4] Définition du programme alimentaire mondial (PAM) [5] Déclaration de Berlin
Squatteuse de service du blog (attachez là quelqu'un!)Lundi, 17 septembre 2007
Aujourd’hui il fait particulièrement chaud sur Niamey ça doit approcher les 40 degrés mais depuis un bureau climatisé ça se supporte assez bien! La semaine passée j’ai participé à une formation fort intéressante sur le Cadre intégré de classification de la phase humanitaire et de la sécurité alimentaire IPC (anglais). Ça mange quoi en hiver cet IPC? « Le cadre intégré est une grille normalisée permettant d’agencer l’information concernant la sécurité alimentaire, la nutrition et les moyens d’existence de manière à obtenir une image précise de la gravité d’une crise et de ses implications en termes d’intervention humanitaire. » En gros c’est comme si les intervenants humanitaires auraient l’EURO une monnaie commune pour se comprendre, parler de la même chose car pour l’instant il y a des dollars USD, des CFCA, des Huards, des Naira (le chaos ou je dirais le big bang) Cet outil souhaite favoriser le partenariat et le consensus indispensable face à la complexité de l’analyse et de la triangulation. Il vise le renforcement de l’efficacité d’une intervention stratégique, et de donner une alerte rapide entre autre chose. L’IPC a été développé et appliqué en Somalie il est maintenant en phase d’expérimentation (voir d’adaptation) ici au Niger et d’autres pays qui m’échappe et ce processus est chapeauté par Le Ramadan mois de jeune a officiellement commencé la semaine passée. Durant la journée les gens ne boivent pas d'eau et ne mangent rien. Ils mangent donc au coucher du soleil et avant le lever du soleil. Sauf pour les femmes enceintes, allaitantes, menstruées et les personnes malades. Les gens qui ne font pas le ramadan doivent reprendre le nombre de jours de jeune durant l'année à venir. Vraiment je les admire d'être engagé comme ça. Parfois des gens me demandent si je fais le ramadan, je leur réponds simplement "accommodement raisonnable" ha ha ha non je ne leur dit pas ça! En fait je leur réponds en toute sincérité que je ne suis pas musulmane et d'ajouter que je les trouve courageux de faire ça car je serais probablement incapable de ne pas m'hydrater et manger durant la journée. Disons que ça ralentit un peu les activités chez nos partenaires mais il faut s’y faire même l’horaire de travail a changé c’est maintenant de 8h00 am à 15h00 pm. Cette semaine je vais participer à quelques étapes du processus de dotation de postes. Honnêtement je ne pensais pas mettre en pratique quelques notions du cours de gestion des ressources humaines de si tôt!! C’est pour un poste de coordonnateur/coordonnatrice d’un projet d’Oxfam Novib de renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Niger. 40 CV ont été reçus, il y a déjà une présélection de faite donc nous avons 12 CV (2 femmes 10 hommes) à trier et nous comptons réaliser entre 4 et 5 entrevues. Les CV ressemblent étrangement à ceux que j’ai déjà vu au Pérou soit en moyenne d’une vingtaine de pages, car les gens mettent toutes les copies de leur diplômes d’études, des photos, leur date de naissance, leur état civil etc. vraiment une toute autre réalité de la nôtre! J’ai aussi mis en pratique le cours le plus pertinent du curriculum des Managers Sans Frontières soit celui de Gestion de projets internationaux (ne partez pas sans lui!!!). Frank est le coopérant Hollandais qui encadre une partie de mon mandat lié à un appui à l’actualisation du plan de contingence pour le Niger. C’est l’une des personnes les plus difficiles à atteindre même si son bureau se trouve à environ Le but du projet Oxfam Niger et ses organisations partenaires possèdent un plan de contingence actualisé et flexible leur permettant de prévenir et d’intervenir de façon coordonnée aux situations urgentes. Les objectifs 1) Élaboration participative de l’actualisation du plan de contingence 2) Renforcer les capacités des organisations partenaires en matière de planification de contingence. L’extrant principal : un document plan de contingence opérationnel et diffusé à l’ensemble des parties prenantes. Je n’ai pas encore terminé ma proposition et je ne compte pas utiliser tout le gabarit mais j’adapte au contexte. J’ai déjà envoyé mon brouillon à Frank. Il m’a dit que le document était bien et que nous allions en discuter à son retour du Sénégal lundi prochain. Le bon côté de cela est que je vais avoir du temps (ben oui ici ça il y en a à la tonne de cette chose que l’on appelle le temps!!!) pour peaufiner ma proposition. La situation au Nord du pays est comme toujours en zone grise. Il semble y avoir eu une trêve de la part du mouvement nigérien pour la justice MNJ qui peut être n’a pas été respecté par les forces militaires. Entre temps on entend parler que des civils sont attaqués par les uns et les autres. Il paraît que le Ramadan fera calmer les ardeurs des parties impliquées. Voilà que des « oui dire » parfois je trouve ça vraiment bizarre mais que voulez vous c’est comme ça. Au plaisir d'avoir de vos nouvelles! RéflexionsLundi, 10 septembre 2007
Niger cher pays d’Afrique de l’Ouest À mes yeux tu es une coquille quasi hermétique Mais on gagne à te découvrir Oui je suis privilégiée car j’ai la chance de connaître un peu soit il le Niger Niger pays aux ethnies diversifiées, riches, fortes et surtout résilientes Endroit mystique et aride où des gens vivent leur quotidien aux portes du désert. Niger pays comme un autre où il y a des joies, des peines, des surprises, des déceptions, des espoirs, des questionnements et un quotidien. Marginalisation, pauvreté, difficultés, pression démographique, dégradation des ressources, vulnérabilités, conditions de vie difficiles, faim, enfant de 15 mois qui ont l’air d’avoir 7 ou 9 mois oui MAIS il y a avant tout le capital humain; des filets sociaux de sécurité, une solidarité exemplaire, une société civile en ébullition qui revendique, il y a des cerveaux, des masses qui bientôt deviendront critiques qui elles, questionnent tranquillement et des personnages qui feront bouger les choses. La situation au Niger doit évoluer de concert avec ses possibilités, ses aspirations, ses forces son rythme qui lui est propre. Il y a des organisations internationales qui contribuent à ces efforts mais elles sont avant tout étrangères, extérieures, extrinsèques portés par les aléas politiques des bailleurs de fonds et motivations propres à chacun et ces aspects il ne faut surtout pas l’oublier. Il y a des projets et programmes grandioses, parfois mal conçus car ont été élaborés dans un bureau climatisé depuis une capitale, exécutés comme il se peut à la va vite, sans écoute active avec aussi trop de pressions administratives (des résultats à tout prix, décaissements en retard!) qui se terminent à la remise du rapport financier final. Ces projets semblent trop fréquents ou même monnaie courante. Par contre il y a d’autres projets plus modestes mais porteur de changements qui vise la prise en charge, des initiatives qui se renouvellent, se transforment et s’insèrent dans la réalité. Ceux-ci sont encore marginaux mais je persiste en signant les initiatives positives et « efficaces » existent. Il faut les identifier, les valoriser, tirer les leçons apprises, s’inspirer de celles-ci pour continuer. Chaque action et projets ont des conséquences sur des gens pourtant ce détail échappe quelques intervenants. Le Niger m’a fait douté de ma présence, de mes compétences, de l’utilité de la coopération internationale et tant mieux ces questionnements sont certes très difficiles, débarquent sans crier gare mais ils sont si nécessaires et presque sain! Pourquoi après quelques années d’expériences en coopération internationale j’ai douté. Un le Niger me touchent profondément car sa complexité est comme un puits sans fonds mais pourtant tous les puits ont un fonds. Aussi les paradoxes et contradictions sont réels et dans ma face quotidiennement. J’ai faillie me reconvertir en détracteur officieuse de ce domaine et je sais que j’aurais été très bonne là-dedans! Cependant, je décide de catalyser mes énergies vers autre chose et j’ose espérer une évolution de la coopération internationale. Il y a plusieurs facettes qui doivent changer car parfois certains de ses aspects sont pires qu’une multinationale spécialisée en extraction de matières premières. Mon dilemme a été le suivant; « Est-ce que j’accepte et je m’accommode tranquillement aux paradoxes et contradictions ou bien j’essaie d’en transformer quelques unes? » Mon optimisme éternel me fait pencher pour la deuxième option. J’ose y croire. Je viens d’une famille où l'optimisme est possible et a été éprouvé. Des moyens, des mécanismes, une certaine crédibilité une expertise et surtout des propositions et alternatives viendront à terme (je l'avoue à long terme). J’ai confiance que le plus important viendra aussi se joindre à tout ça : des alliés. Je peux comprendre pourquoi certains esprits bien intentionnés ont décidés de fermer le tiroir de tout ce qu’ils avaient vus et témoignés; injustices, pauvreté, corruption, incompétence, échecs et le plus dur qu’ils ou elles ont sûrement dû vivre; la résignation. Vous avez bien faits de tirer votre révérence car certains d’entres vous semblent être devenus plus durs, cyniques, désillusionnés (pas nécessairement par choix mais parfois je pense par nécessité de se protéger) mais svp déguerpissez au plus vite car vraiment on peut faire sans vous!!
Du terrain en veux tu en voilà!!!Mardi, 4 septembre 2007
La semaine passée a été hautement intéressante. Le mardi et jeudi je suis retourné en brousse accompagner les visites de suivi des projets de soutien aux ménages vulnérables de la période de soudure 2007 avec les représentants d’Alternatives (pas la même ONG qu’au pays) et Mooriben. Nous avons témoignés les dégâts d’une inondation qui a eu lieu au début août dans l’un des villages. Le projet est vraiment arriver à point dans ce village. Plus de 300 champs et 30 jardins maraîchers ont été affectés et environ 60 maisons de détruites. Pour l’instant les sinistrés logent dans les salles de classe. Le gouvernement via son dispositif de gestion des crises de concert avec le Plan alimentaire mondial (PAM) ont donné un peu de vivres, des couvertures et des moustiquaires. J’ai revue les diverses activités de réhabilitation de terres dégradées (cash for work) la vente de vivres à prix social et à distribution gratuite en plus de voir quelques parcelles où les femmes ont bénéficier de semences (niébé, arachide, sésame et autre) pour leur champ collectif. Selon les observations et les opinions recueillies les gens sont très satisfaits du projet en cours. Un des animateurs me disaient qu’il y a de bonnes chances que les gens répliquent les techniques de réhabilitation des terres dégradées dans leur propre parcelle car le savoir faire, les outils y sont et surtout car il est possible de cultiver de nouveau sur des terres qui parfois avaient été délaissés durant parfois plus de 10 ans. Ce serait un impact à moyen terme intéressant à évaluer. Cette technique est très coûteuse en main d’œuvre mais bon ici au Niger le capital humain est abondant! J’ai réussie à jaser avec une femme (elle parlais un peu français chance pour moi vraiment!!) qui travaillais au cash for work. J’étais intéressée à savoir l’impact sur la charge de travail des femmes car dans ce projet l’organisation a choisi « une discrimination positive » les femmes reçoivent 1 000 FCFA et les hommes 800 FCFA. J’ai donc posé quelques questions (fermées, ouvertes, reformulation, répétition, utilisation de synonymes!) sur son quotidien, son travail etc. Elle m’a dit qu’elle était très contente (a pris un peu de mil sec et l’a avalé pour me montrer!!) car elle pouvait acheter son mil à un prix raisonnable (moitié du prix du marché), elle m’a montrée ses ampoules à la main et les autres femmes aussi, me disais que quand il y avais de la nourriture il y avais l’entente au sein de son mariage. Donc on continue à jaser et finalement elle me dit « nous les femmes nous travaillons comme des ânes ». Ai-je besoin d’en rajouter plus? Aussi durant ces 2 jours, vu que nous sommes en pleine saison des pluies nous nous sommes enlisés et ce à 2 reprises! Balkissa une collègue rigolais avec moi en me disant que c’était à cause que j’étais trop nombreuse et c’est pour ça que le camion s’embourbait! C’était bien drôle. Ici au Niger (oui Julien tu avais trop raison) les femmes « nombreuses » voir bien enveloppés comme moi tombent dans leurs critères de sélection. Quand même la première fois que nous avons resté pris dans une boue de qualité supérieure je me suis demandée comment ils allaient faire pour nous sortir de là! Donc après avoir arraché quelques branches d’arbre pour mettre dans les traces du camion avec environ 15 personnes, un autre jeep et 2 fils de fer le Toyota Hilux s’en est sorti ouf!! Demain je m’en vais en brousse durant 3 jours et demi! Je n’arrive pas encore tout à fait à le croire! Moi qui voulais m’imprégner de la réalité terrain me voilà servie à souhaits! Pour l’instant ce n’était que des allers retours que j’avais fait. Je vais avec Mirjam coopérante d’Oxfam-Hollande dans la région de Maradi avec l’Association pour
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