Le mot de la finDimanche, 2 décembre 2007
Le 16 novembre dernier, j’ai terminé mon contrat de 4 mois au sein du PECAN. Heureusement, ce n’était pas la fin de mon séjour au Nicaragua. Effectivement, par les efforts apportés dans mon travail, une proposition m’a été offerte afin de renouveler mon contrat de travail pour une année de plus. C’est donc avec enthousiasme que mon copain et moi allons revenir en terre nicaraguayenne le 14 janvier 2008 pour une nouvelle aventure grâce à Oxfam-Québec.
Afin de profiter de mes deux mois de vacances et de la proximité des pays d’Amérique centrale, je suis allée faire un petit tour dans un pays voisin : le Costa Rica. Accompagnée de ma sœur, ma cousine et mon copain, j’ai pu découvrir « la Suisse de l’Amérique centrale ». Habité par de nombreux Américains, Allemands et Espagnols, ce pays est rempli de mille et un visages présentant un impressionnant mélange culturel. Visité par plus d’un million d’étrangers par année, il est extrêmement bien organisé pour faire vivre aux voyageurs une expérience inoubliable. Toutefois, la popularité de l’industrie touristique a considérablement fait augmenter le coût de la vie.
Bien que le Costa Rica soit un des pays limitrophes du Nicaragua, il diffère énormément par sa culture, son climat et sa végétation. Là-bas, la pauvreté existe mais à un degré moins important, les problèmes d’eau n’existent pas ou presque et les forêts tropicales remplissent les terres costaricaines. En effet, les parcs nationaux et autres aires protégées de ce genre représentent 30% de l’ensemble de la superficie du pays. L’écotourisme est en quelque sorte la marque de commerce du pays et ce qui attire les adeptes de plein air. Cependant, les nombreux hôtels, condos et domaines présentement en construction laissent croire à l’émergence d’un tourisme de masse au cours des prochaines années. Selon moi, cette réalité remet le principe d’écotourisme en question.
« Pura vida », la vie pure, est le slogan de ce petit paradis terrestre. Mon voyage aura certainement été à l’image de ces deux mots si souvent entendus durant notre séjour. Les plages du Pacifique, les forêts tropicales, la canopée, les plantations de café, les volcans, les bains thermaux et les nombreux singes en liberté ont fait de mon aventure un séjour bien apprécié.
Le 6 décembre prochain, je serai de retour dans ma réalité, celle où il m’est difficile de voir l’indifférence des gens face aux vrais problèmes du monde qui les entoure. Consciente que mon retour ne sera pas facile étant donné qu’il coïncide avec la période de Noël, qui est de nos jours à l’image de notre société de consommation, je suis toutefois contente de revenir chez moi.
Je termine donc ce blogue en vous remerciant de l’appui que vous m’avez apporté en m’écrivant des commentaires ou tout simplement en lisant mes textes. En espérant que j’ai pu vous sensibiliser à une réalité qui, à bien y penser, n’est pas très loin de chez nous, je vous invite à suivre ma prochaine année au Nicaragua dans mon nouveau blogue dont l’adresse vous sera divulguée prochainement.
Au plaisir de vous voir lors de mon passage au Québec! L’aide humanitaire est-elle une des causes du sous-développement persistant dans le Sud?Mardi, 30 octobre 2007
Écris le 5 avril 2007…
L’aide humanitaire est-elle une des causes du sous-développement persistant dans le Sud? « Aider son prochain » est une simple petite phrase entendue maintes fois de la bouche de nos parents et à travers la Bonne Nouvelle proclamée par nos enseignants. Dans les cours d’école, des boîtes à lunch et des jouets sont partagés sans finalité attendue; de petits gestes d’entraide sont posés par simple plaisir et par naïveté. Ensuite on grandit nos intérêts changent et nos actions supposent un objectif collectif mais surtout personnel. Sans être la règle, on ne donne plus simplement par plaisir mais dans l’espoir d’y recevoir quelque chose en retour. On proclame souvent nos bonnes intentions face à plusieurs causes sans toutefois les mettre en œuvre concrètement. Cette manière de donner, qui naît par un besoin de l’autre, est une image reflétant, d’un côté, le bien aux yeux de notre société. D’un autre côté, l’image sous-entend un geste posé par l’intérêt personnel du donateur et, par le fait même, donné au détriment de l’autre. À cet effet, lorsque je me promène dans le métro de Montréal et que je croise une jeune femme aux yeux rouges de tristesse ne demandant que quelques pièces de monnaie, le geste de déposer quelques sous dans sa main me permet-il de dire que je l’aide vraiment? Pourtant, ce geste irréfléchi que je pose par conscience morale et par pitié peut s’avérer être une aide à la continuation de sa dépendance envers l’argent des autres. Maintenant, dans un monde où la globalisation Continuer à lire "L’aide humanitaire est-elle une des causes du sous-développement persistant dans le Sud?"
Posté par Managers sans frontieres
dans Isabelle Guillemette
à
10:18
| Commentaires (2)
| Rétroliens (0)
Sous la pluie…Mercredi, 17 octobre 2007
Selon La Prensa, 9420 personnes seraient affectées par ces pluies et 5805 seraient présentement hébergées dans des refuges. Des maisons, des chemins et des routes ont été détruites par les glissements de terrain. La chaussée de la route panaméricaine s’est affaissée entre Managua et Estelí, et au total, 222 km de cette route a été endommagée.
Comme moi, vous pouvez constater que le Nicaragua ne souffre pas seulement d’un manque d’eau mais aussi d’une surabondance de celle-ci lors de la saison des pluies. L’année dernière, le contraire s’est produit : il n’a pas plu. C’est difficile de contrôler Dame Nature pour ne pas dire impossible… Le Nicaragua avec les yeux de ma mèreMercredi, 10 octobre 2007
Quelques jours à Estelí furent suffisants pour lui montrer comment je vivais mon quotidien. Elle fut d’abord impressionnée par mon chez moi qui, à part les petites fuites d’eau étant donné la saison des pluies, est sécuritaire et très joli. La petitesse de la ville nous a donc convaincues de partir quelques jours afin de voir d’autres coins du Nicaragua.
Afin de faire vivre à ma mère le « backpacking » en Amérique centrale, les « chicken bus » étaient notre principal moyen de transport. Dans de vieux autobus scolaires colorés, nous avons parcouru une partie du côté sud-ouest du pays.
Le plan du voyage fut le suivant : Granada, Masaya, Île d’Ometepe, San Juan del Sur et Managua. Malgré notre horaire chargé, ce parcours laissait place à la découverte et à la détente. C’était ma deuxième visite à Granada et encore une fois je pouvais admirer son décor coloré et me promener au bord du Lac Nicaragua. On trouve dans ce lac des poissons scies et des requins d’eau douce. La présence de ces espèces s’expliquerait par une éruption volcanique qui aurait un jour formé la côte pour ainsi séparer le lac avec les eaux du Pacifique. Le lac est immense : il recouvre une superficie de 8624 km2.
Une heure de bateau et nous nous sommes retrouvées dans un petit paradis terrestre où la tranquillité fait quasiment oublier que nou
Je revois encore les yeux de ma mère devant les petites maisons au plancher de terre, les petits enfants nu-pieds demandant quelques sous, les « squeegees » de Managua qui ont en moyenne 10 ans, les gens jetant leurs déchets par les fenêtres des autobus, la pluie torrentielle, la pauvreté indescriptible, et je sais qu’aujourd’hui elle comprend. Elle comprend que, malgré tout, ces gens gardent leur sourire et ont toujours espoir. Elle comprend pourquoi je suis ici.
Les petits marchands de coquillagesMardi, 25 septembre 2007
Accompagnée de deux collègues de travail, Amanda et Édith, le séjour s’est résumé à une partie de plaisir et une thérapie de rire.
La plage est parsemée de petits et moyens coquillages magnifiques qui font le bonheur des collectionneurs et surtout des enfants nicaraguayens. Effectivement, ceux-ci les ramassent par centaines pour les utiliser dans la fabrication de produits artisanaux. Âgés entre 6 et 10 ans, les enfants charment et harcèlent des journées entières les gens sur la plage afin de faire quelques sous. Comme dans plusieurs pays du Sud, le travail infantile est une problématique rencontrée au Nicaragua. Les marchands de coquillages sont un exemple d’emploi informel que peuvent occuper les 239 000 enfants âgés entre 5 et 17 ans du pays. Le secteur informel sous-entend naturellement un travail qui peut être dangereux et sans mesures de protection. La question du travail infantile amène toutefois plusieurs questions morales où certains sont pour et d’autres contre. Pour être honnête avec vous, je réfléchis encore…ce n’est pas facile d’arriver à une conclusion.
La féria de TrinidadMardi, 18 septembre 2007
Assises derrière leurs tables parsemées de légumes et de fruits frais, les femmes attendent avec impatience l’arrivée des habitants de Trinidad. Pour certaines, elles accomplissent pour la première fois des transactions qui demandent un contact avec le public et un maniement d’argent.
Les Nicaraguayennes sont l’un des groupes cibles du projet PECAN. Victimes de violence (une femme sur deux est maltraitée par son conjoint) et souvent monoparentales, les femmes se retrouvent parfois seules pour assumer la responsabilité financière de leur famille.
Le marché de la Trinidad a été créé par un de nos partenaires locaux MOPAF-MA (Mouvement pour la paix, l’action en forêt et l’environnement).
Pour ma part, l’expérience d’assister à l’ouverture du marché de la Trinidad, fut grandement appréciée. Cette facette du projet propose un résultat très concret qui permet de constater la réussite des efforts de chacun. Universaliste ou relativiste?Lundi, 3 septembre 2007
Depuis mon arrivée au Nicaragua, j’ai vu, vécu et entendu des choses qui, à première vue, semblent intolérables. Pourtant dans la réalité nicaraguayenne, elles existent en étant parfois acceptées ou ignorées. Que ce soit le machisme, la corruption, le travail infantile ou le secteur informel, certains actes et comportements dans ces domaines viennent profondément toucher mes valeurs. Toutefois, comment réagir face à ces situations?
Dans le cadre de mon cours « Éthique des relations Nord-Sud » la session dernière, j’ai eu la chance de réfléchir amplement à la question avant même d’être soumise à ce choc des valeurs. Afin de vous présenter ma façon de voir et de vivre les différences de ce monde, voici un texte que j’avais écrit dans ce cours qui, selon moi, est toujours d’actualité.
Je termine en vous invitant à lire ce texte et en vous posant la question suivante : Vous êtes universalistes ou relativistes? Bonne lecture et bonne réflexion! Continuer à lire "Universaliste ou relativiste?"
(Page 1 de 2 sur 14 billets au total)
» Page suivante
|
Calendrier
Recherche rapideCatégoriesSyndiquer ce BlogAdministration du blogpropulsé par |
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||