Dimanche, 16 décembre 2007
Je me présente, Chantal de Carufel. Je suis finissante au Baccalauréat en sciences administratives – développement international et action humanitaire. Afin de répondre aux exigences de ma mineure, je dois effectuer un stage d'une durée minimale de 3 mois. Je conclurai donc mon BAC en m'envolant, le 13 janvier 2008 avec Oxfam-Québec à Riberalta, Bolivie pour une période de six mois.
Pour l’université, je serai considérée comme stagiaire, mais aux yeux d’Oxfam-Québec, j’occuperai le poste de coopérant volontaire. Le mandat qui m’a été attribué est : conseillère en gestion de l’information pour le service de la santé de la région. Riberalta se se situe au Nord de la province de Beni dans la zone de l’Amazonie Bolivienne. Je tenterai donc de tenir ce blog à jour afin de vous tenir au courant de mes péripéties. Alors bonne lecture! Bon temps des fêtes!!! une drôle de semaine qui commenceLundi, 10 décembre 2007
Flash d'alerte C’est tu assez agréable de recevoir ce genre de courriel le lundi matin. L’axe en question est tout près de notre bureau. A L'INSTANT MEME 09h30 MN # ELEVES DU LYCEE ISSA BERI SONT EN TRAIN D'EXPRIMER LEUR MECONTENTEMENT POUR LA NON SATISFACTION DE LEURS REVENDICATIONS PAR LES AUTORITES # Il ne s’est finalement rien passé de très sérieux. Histoire à suivre. Sans titre (trop d’opinions dans celui que j’avais choisie !!!) J’ai des amis qui travaillent pour une ONG. Leur projet installe des centres internet à plusieurs endroits dans le pays. Le jeudi ils partent en mission poursuivre leurs activités. Le vendredi après midi tranquilles dans une maison de passage où on les hébergeait, toc toc c’est qui ? Des gendarmes qui les ont gentiment prier de se rendre au poste. Environ 24 heures plus tard, après une douce nuit passée sous les barreaux ils ont été relâchés. Accusations ? Soupçonnés d’être sympathisants d’un groupe revendiquant plusieurs choses depuis février dernier. Finalement, il semble qu’ils (les gendarmes) se soient trompés de groupe. Je n’en reviens pas encore ! Que voulez vous il y a de ces situations, je trouve tout simplement sur réelles !! Gestion des matières résiduelles : un tas et des allumettes En ce moment précis une personne qui pas très loin du bureau, fait brûler je pense ses matières résiduelles, parmi ces matières il y a sûrement une proportion non négligeable de sacs noirs de plastique. Ma fenêtre est ouverte car il fait moins chaud ces jours ci à Niamey. Vraiment je tombe dans les jugements directs "pas fort". Services de police J’ai des collègues qui ont eu un accident d’auto d’hier. Ils sont sains et saufs heureusement mais un taxi les a percuté. C’était majoritairement leur faute. Cependant pour bien faire ils ont appelé la police pour venir faire l’état des lieux. Arrivé sur place mes collègues ont dû débourser pour le carburant de la police. Ensuite monsieur l’agent a perquisitionné le permis de conduire de mon collègue, ce dernier l’a récupéré moyennant le prix moyen d’un mouton hors période Tabaski. citation de Laure Lugon Zugravu (journaliste) « Je crois qu’on fait des choses d’abord pour soi. On croit qu’on veut sauver le monde mais, au fond, c’est soi-même qu’on veut sauver. J’avais besoin de découvertes, d’aventures. Pour se connaître soi-même, il faut se confronter aux autres. Oser remettre ses valeurs en question. C’est une manière de se prouver qu’on existe, qu’on est capable de s’adapter. Et ça secoue! » J’approuve totalement ce que cette journaliste raconte. comme ca reflète trop bien ce que l’on peut ressentir lors d’une expérience interculturelle je l’ai laissé en intégralité. Formation Dans 1 heure je vais coordonner avec l’autre animateur pour la formation en gestion axée sur les résultats qui finalement réunira 34 personnes. J’ai négocié à ce que mon partenaire y participe. Je vais aussi co animer cette session le 24, 25 et 26 décembre prochain ! L’aspect positif est que j’ai des moyens (reprographie, matériel didactique, logistique, salle et des perdiems) intéressants pour réaliser une facilitation interactive et dynamique. Et le 27 décembre à 18h00 pour vous et minuit pour moi (café café svp!!) je serai de retour chez moi un large sourire accroché dans le visage et une petite larme à chaque coin d’œil. Un large sourire traduisant les pensées suivantes : Enfin je suis arrivé à la maison ; Je vais bientôt déguster une bonne poutine et je veux un café !! Je ne suis plus l’Autre, je ne suis plus une étrangère blanche qu’on aime et qu’on déteste (à juste titre parfois ça je leur accorde !) Une petite larme à chaque coin d’œil traduisant ceci : Il y a trop de neige, mon pays ce n’est pas un pays c’est l’hiver ! J’ai encore laissé derrière des gens extraordinaires qui m’ont grandement appuyés et fait découvrir ce cher Niger. Un petit coup de cœur pour cet autre choc retour ! Le mot de la finDimanche, 2 décembre 2007
Le 16 novembre dernier, j’ai terminé mon contrat de 4 mois au sein du PECAN. Heureusement, ce n’était pas la fin de mon séjour au Nicaragua. Effectivement, par les efforts apportés dans mon travail, une proposition m’a été offerte afin de renouveler mon contrat de travail pour une année de plus. C’est donc avec enthousiasme que mon copain et moi allons revenir en terre nicaraguayenne le 14 janvier 2008 pour une nouvelle aventure grâce à Oxfam-Québec.
Afin de profiter de mes deux mois de vacances et de la proximité des pays d’Amérique centrale, je suis allée faire un petit tour dans un pays voisin : le Costa Rica. Accompagnée de ma sœur, ma cousine et mon copain, j’ai pu découvrir « la Suisse de l’Amérique centrale ». Habité par de nombreux Américains, Allemands et Espagnols, ce pays est rempli de mille et un visages présentant un impressionnant mélange culturel. Visité par plus d’un million d’étrangers par année, il est extrêmement bien organisé pour faire vivre aux voyageurs une expérience inoubliable. Toutefois, la popularité de l’industrie touristique a considérablement fait augmenter le coût de la vie.
Bien que le Costa Rica soit un des pays limitrophes du Nicaragua, il diffère énormément par sa culture, son climat et sa végétation. Là-bas, la pauvreté existe mais à un degré moins important, les problèmes d’eau n’existent pas ou presque et les forêts tropicales remplissent les terres costaricaines. En effet, les parcs nationaux et autres aires protégées de ce genre représentent 30% de l’ensemble de la superficie du pays. L’écotourisme est en quelque sorte la marque de commerce du pays et ce qui attire les adeptes de plein air. Cependant, les nombreux hôtels, condos et domaines présentement en construction laissent croire à l’émergence d’un tourisme de masse au cours des prochaines années. Selon moi, cette réalité remet le principe d’écotourisme en question.
« Pura vida », la vie pure, est le slogan de ce petit paradis terrestre. Mon voyage aura certainement été à l’image de ces deux mots si souvent entendus durant notre séjour. Les plages du Pacifique, les forêts tropicales, la canopée, les plantations de café, les volcans, les bains thermaux et les nombreux singes en liberté ont fait de mon aventure un séjour bien apprécié.
Le 6 décembre prochain, je serai de retour dans ma réalité, celle où il m’est difficile de voir l’indifférence des gens face aux vrais problèmes du monde qui les entoure. Consciente que mon retour ne sera pas facile étant donné qu’il coïncide avec la période de Noël, qui est de nos jours à l’image de notre société de consommation, je suis toutefois contente de revenir chez moi.
Je termine donc ce blogue en vous remerciant de l’appui que vous m’avez apporté en m’écrivant des commentaires ou tout simplement en lisant mes textes. En espérant que j’ai pu vous sensibiliser à une réalité qui, à bien y penser, n’est pas très loin de chez nous, je vous invite à suivre ma prochaine année au Nicaragua dans mon nouveau blogue dont l’adresse vous sera divulguée prochainement.
Au plaisir de vous voir lors de mon passage au Québec! Interludes NigériennesLundi, 26 novembre 2007
Fin du mois Hier dimanche il y avait une quantité plus élevée que la normale de policiers aux artères principales de Niamey. J’ai découvert la raison quelques minutes plus tard lorsque le véhicule auquel je prenais place est arrêté. Monsieur l’agent arrive regarde en vitesse le jeep et en haoussa lui demande son permis et lui dit par la suite que sa vignette est expirée (et c’était vrai !) donc l’agent repart vers sa moto le permis de conduire avec lui (bien sûr). Donc je vois mes amis qui discutent entre eux en haoussa et l’un d’eux sort 1 000 FCFA (2$ et quelques poussières environ) et a réussi à récupérer son permis quelques minutes plus tard. C’est bel et bien la fin du mois pour tout le monde et c’est bel et bien de la corruption une forme de redistribution de la richesse. Oui ce monsieur là comme il est policier donc avec un salaire fixe et irrégulier doit probablement faire vivre une vingtaine de personnes. Sauf que mon ami lui aussi en fait vivre autant sinon plus et il n’a plus d’emplois car le secteur touristique du Niger en arrache un peu. Un mot que je ne veux plus entendre ! - « Madame, madame, bonjour cadeau s îl vous plait » - « il n’y a pas » (avec l’accent français bien articulé pour me faire comprendre) - « Cadeau, cadeau, cadeau, cadeau » (avec voix d’enfantS) - « KAY » (qui veut dire stop en Zjarma, assez efficace celle-là) - « 100 francs 100 francs cadeau madame » - « C’est le mari qui a tout » (particulièrement efficace lorsqu’un collègue de travail marche à mes côtés !!!) « Il faut me donner cadeau » (elle m’énerve le plus celle là !) « Nazara cadeau cadeau » (en me suivant sur quelques mètres et en faisant du bruit avec leur petit pot vide) Vous avez bien deviné le mot en question qui me tape royalement sur les nerfs. Vous aussi vous devez être plus ou moins fatigués d’entendre ce mot à la veille des fêtes !!! Compostage Le compostage au Niger fonctionne bien. J’ai tenté l’expérience dans ma cour. J’ai déjà effectué ma première récolte et j’ai presque converti mes colocataires à la notion de pré compost. Un petit relent de mon ancienne vie de technicienne agricole que j’espère retrouver prochainement. Matières résiduelles Un terme gentil pour dire poubelle, ordure et d’autres que je vous épargne. Depuis la fin de la saison des pluies, la plupart des autorités communales dans leur grande sagesse brûlent les tas d’immondices (majoritairement composé de sacs de plastique noir). Ce n’est pas toujours agréable de sentir cette odeur si caractéristique. Imprévus Il se peut que ma deuxième formation en gestion axée sur les résultats soit annulée. Je vais savoir demain, après demain ou peut être même la veille de la dite formation. Tout est possible !! N’empêche j’aimerais bien le savoir bientôt !!! Taxis de mon cœur Je marche environ 300 mètres pour me rendre sur le goudron (rue pavée) Mali Béro. J’ai pas envie de marcher pour me rendre au bureau il fait probablement un 43 degrés et il est 14h00. Le système on fait signe le taxi s’arrête pour vérifier si notre destination s’agence avec sa route. Sa route n’est pas écrite nulle part sauf dans sa tête et celles des passagers. Donc, aujourd’hui le premier arrête il grimace quand je lui dit ma destination, je répète plus fort, en articulant et en laissant de côté mon accent qui pourtant je croyais l’avoir mis de côté bref, réponse négative. Deuxième, presque la même chose, le troisième ne me réponds pas il repart avec son taxi qui s’étouffe presque, successivement jusqu’au 5 ième qui finalement m’a prise. Parfois on l’a du premier coup parfois non ! Pour le prix 200 FCFA finalement je n’ai pas à chialer. Retour Prévu le jeudi 27 décembre prochain. Yé ! C’est fou comme le temps a filé !! Donnez moi de vos nouvelles.
Cher Niger tu m’étonnais, tu m’étonnes et tu m’étonneras encore pour longtemps !Mercredi, 14 novembre 2007
Avec mes lunettes ou peut-être même mes ornières d’occidentales j’essaie de décoder, de comprendre ce pays, ces gens, ces défis. J’y arrive difficilement et c’est normal en 4 mois je ne peux prétendre de tout comprendre et tout assimiler. J’ai laissé de côté ma fonction de squatteuse officielle de ce blog car honnêtement je n’avais rien de très positif à partager avec vous et au lieu de tomber dans le piège de vous transmettre une image biaisée (même si elle l’est toujours un peu car je vis cette expérience étant l’Autre soit avec mes lunettes et mes clés de décodage !) j’ai préféré le retrait. À vrai dire je ne suis pas tout à fait retombée dans mon optimiste éternel, cette expérience Nigérienne me fait retirer un certain degré de naïveté (il était temps me direz vous !) c’est comme si je me rends mieux compte de certains éléments de la boîte à Pandore. Je suis présentement un peu désabusée du monde de la coopération (son ensemble non pas à une organisation particulière) car je le trouve disparate, instrumentalisé, incohérent, teinté de compétition et de néocolonialisme. Certains de ces éléments je les connaissais déjà d’autres sont nouvellement constatés et intériorisés et sont un peu plus lourds. Un aspect dérangeant que j’ai entendu trop souvent ici par quelques intervenants tant nationaux qu’étrangers : « Les paysans ou les bénéficiaires ne se sont pas appropriés le projet … » Un classique et le tout dit avec un ton de supériorité et toujours ce terme d’assistés bénéficiaires comme si la solution absolue était dans les mains des intervenants. Cette complaisance je la déteste au plus haut point. C’est très facile de prétendre cela quand les gens dont on accuse de ne pas s’être appropriés le dit projet ne sont pas là pour prendre la parole. Donc je recommande à ces intervenants une bonne dose d’auto critique et de revoir leur nomenclature. Et si nous écoutions un peu plus et surtout MIEUX les populations à la base ? Pas seulement ce qu’ils nous partagent mais pourquoi nous disent-ils cela. Au lieu de les traiter comme des éternels assistés qui n’ont pas les capacités de prendre en main leur destinée. Je suis convaincue que l’ensemble des collectivités est mieux placée que nous pour faire leur propre diagnostic. Il y a des projets de développement réellement porteurs et d’autres tout simplement exécrables dont je vous épargne les détails car la diplomatie fait partie aussi de ce milieu ! (Là-dessus j’apprends encore tous les jours car ce n’est pas inné chez moi !!) Cependant au fond de la boîte de Pandore il y a aussi l’ESPOIR oui et malgré ma chute de naïveté aigue j’ose encore espérer. Ici au Niger on dit souvent à tort et à travers qu’il y a trop de gens mais est-ce que ce n’est pas justement cette masse critique de personnes, de capacités, de personnalités diverses, de qualités, d’énergies, d’efforts, de sourires qui serviront de levier à quelque chose d’autres ? Ce pays est riche de son capital humain. Il y a aussi des défis à relever au niveau de la « sécuraineté » alimentaire. Sécuraineté vient du dictionnaire Fournier[1] jonction du mot sécurité et souveraineté alimentaire. Je pense qu’il faut sortir de ce carcan sécurité alimentaire qui est restrictif voir même à ses heures répressif et qui laisse la porte grande ouverte pour l’exportation massive de céréales de chez nous voir le terme commençant par la lettre D contenant 7 lettres. (Aux intéressés m’écrire à mon courriel pour la réponse). Un peu plus de volonté politique à tous les niveaux, une meilleure cohésion entre les intervenants en coopération internationale (vraiment déniaisons-nous !) un service de crédit adapté, une augmentation réelle et pertinente de la recherche agronomique répondant aux besoins des producteurs et productrices agricoles d’ici (SVP oublions la création de semences stériles), des politiques rurales incluant le secteur agricole et pastoral diffusées, comprises et surtout appliquées, un réel service gouvernemental d’encadrement et de vulgarisation agropastoral, (si vous saviez à quel point les programmes d’ajustement structurel (PAS) ont fait des dégâts vous seriez probablement un-e altermondialiste) une stratégie de développement rural pleinement financé, un document stratégique de réduction de la pauvreté qui ne s’incarne pas à un PAS, et puis une annulation complète de la dette extérieure du Niger… de mes petits 29 ans (que j’ai atteint aujourd’hui même) je crois que ça pourrais contribuer à l’atteinte de la souveraineté alimentaire du peuple Nigérien. Matière à discussion bien sûr !! Je vous laisse une définition de la souveraineté alimentaire du Peoples Food Security Network (2002) tiré du pamphlet « La voie de la souveraineté alimentaire – Labyrinthe sans fin ou sémantique de la faim » de l’Union des producteurs agricoles – Développement international (UPA-DI) « Par souveraineté alimentaire, on entend le droit des peuples à définir leur propre alimentation et leur agriculture ; à protéger et à réglementer la production et les échanges agricoles nationaux de manière à atteindre des objectifs de développement durable ; à déterminer leur degré d’autonomie ; à restreindre le dumping de certains produits sur leurs marchés et à accorder aux communautés locales de marins pêcheurs la priorité en matière de gestion de l’utilisation des ressources aquatiques et des droits y afférents. La souveraineté alimentaire ne va pas à l’encontre du commerce. Elle encourage au contraire l’élaboration de politique et de pratiques commerciales allant dans le sens du droit des peuples à une production sûre, saine et viable sur le plan écologique. » Kala tonton ! Visite sur KikwitDimanche, 28 octobre 2007
Il y a quelque temps j’ai eu l’occasion d’aller visiter pour une première fois une base où on réalise un programme. Enfin, une visite sur le terrain! Bien entendu, ce n’était pas une simple visite de courtoisie, j’avais quelques objectifs à atteindre. Tout d’abord de valider certaines informations par rapport à la situation sécuritaire ainsi que de participer à une supervision des activités du programme en cours. Voir l'article Sous la pluie…Mercredi, 17 octobre 2007
Selon La Prensa, 9420 personnes seraient affectées par ces pluies et 5805 seraient présentement hébergées dans des refuges. Des maisons, des chemins et des routes ont été détruites par les glissements de terrain. La chaussée de la route panaméricaine s’est affaissée entre Managua et Estelí, et au total, 222 km de cette route a été endommagée.
Comme moi, vous pouvez constater que le Nicaragua ne souffre pas seulement d’un manque d’eau mais aussi d’une surabondance de celle-ci lors de la saison des pluies. L’année dernière, le contraire s’est produit : il n’a pas plu. C’est difficile de contrôler Dame Nature pour ne pas dire impossible…
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