Le mois de ramadan m’a trouvé à Dabola lors de notre mission à l’intérieur du pays pour le Projet d’accès au marché du karité. Nous sommes partis de la ville de Kankan le premier jour du jeun, un vendredi, tout de suite après la prière de 14h. En passant, la plupart du temps les gens ici planifient et organisent en fonction des heures de prière, et j’ai moi-même appris à le faire. C’est très pratique. Nous avons donc quitté Kankan après la prière pour revenir vers Dabola, où nous souhaitions dormir une nuit avant de reprendre la route vers notre dernière ville à visiter, Labé. Nous aurions pu continuer directement sur Labé sans passer par Dabola bien sûr, mais alors la coupure du jeun nous aurait trouvé sur la route, ce qui ne plaisait pas du tout à M. Dioubaté. Il faut dire que le mois de carême est très exigent, surtout pour les premiers jours, où le corps n’est pas habitué à être ainsi privé de nourriture. Nous sommes arrivés à Dabola, qui est relativement une petite ville, mais très mignonne. Il était déjà 17h. La rupture du jeun étant au coucher du soleil, soit vers 19h, nous avions le temps de prendre une douche et nous installer un peu à l’hôtel. À 19h à peine passé, alors que l’appel à la prière commençait à peine à retentir dans les rues de la petite ville, j’ai vu le mouvement et l’agitation envahir les gens partout. Il y avait vraiment une énergie palpable dans l’air. Les gens se sont mis à parler et marcher rapidement, les vendeuses à crier leurs produits, les négociations ont repris, les rires et les discussions étaient partout. Nous avons acheté de la bouillie à une dame qui vendait dans la rue et nous sommes assis sur un banc pour partager notre gros bol. Ce sera ainsi tous les soirs; on rompt le jeun avec un petit déjeuner (café, pain, dattes, saucissions) ou encore de la boullie ou un plat de riz avec un peu de sauce. Ensuite, les gens font la prière de 19h, puis on attend celle de 21h avant de prendre un repas plus consistant, repas qui peut parfois vraiment s’éterniser… Les gars au travail appellent ça la première et la deuxième mi-temps et puis les prolongations. Mais j’ai trouvé mon expérience du carême très intéressante! Il y a un tel sentiment de communauté chez les gens, ça fait du bien à voir! Même à la maison, nous avons vraiment apprécié nos petits déjeuners de 19h et maintenant que tout cela est terminé, nous les manquons!